séance 5 : mardi 3 mars de 13h30 à 15h30
Jean-Michel Beaudet (Professeur émérite à l’Université Paris-Nanterre, LESC-CREM)
Transmettre les musiques wayãpi, plusieurs manières d’échanger ?
Mo’e, « faire dire"
La transmission de la musique est une préoccupation forte et très actuelle des responsables culturels amazoniens. Ce passage se réalise selon des modalités différentes d’une pratique musicale à l’autre. Quels en seront les fruits ?
Ces questions seront présentées principalement à partir d’exemples venant du peuple wayãpi résidant sur le fleuve Oyapock, à la frontière du Brésil et de la Guyane.
séance 4 : mardi 24 février de 13h30 à 15h30
Séverine Gabry-Thienpont (CNRS, IDEAS, Passages)
Transmettre la tradition (taqlîd) musicale copte au XXIe siècle
Lors de mon tout premier séjour au Caire, en 2007, j’y rencontre Christin, jeune femme de 24 ans engagée dans sa paroisse copte-orthodoxe du quartier de Šubrā. D’emblée, elle me propose d’assister aux madāris al-aḥad, les écoles du dimanche de son église. Ces écoles, où se transmettent à la fois la liturgie, la langue et la musique coptes, m’étaient alors apparues comme centrales pour comprendre comment la « tradition » musicale copte se transmettait.
Mes récentes visites à Šubrā, menées de façon sporadique mais régulière depuis 2022, me confirment que l’importance accordée à la transmission des chants par les membres de la communauté copte ne faiblit pas, bien au contraire. Celle-ci s’organise depuis des décennies de manière très structurée avec un objectif clair : faire communauté par la musique.
À partir de plusieurs moments ethnographiques choisis de 2007 à aujourd’hui, cette intervention sera l’occasion de présenter la transmission musicale copte, ses processus et ses enjeux : comment s’organise, sur les plans pédagogique et sociétal, la transmission des chants coptes dans l’Égypte du XXIe siècle, et dans quelle mesure celle-ci participe-t-elle d’une structuration communautaire ?
Séance 3 : mardi 3 février de 15h30 à 17h30
Alaia Cachenaut
doctorante à l’Université de Toulouse (Université de Toulouse, LISST-CAS, Passages).
"Créer la nouvelle génération, transmettre le carnaval. Le cas des Kaskarot d’Ustaritz au Pays Basque"
Résumé : L’intégration des danseuses dans le cortège carnavalesque des Kaskarot d’Ustaritz en 2023 a été marquée par une série de créations et d’ajustements des pratiques existantes. Les jeunes danseur‧es et musicien‧nes, actif‧ves dans ce processus, conditionnaient ces nouveautés selon deux critères : marquer symboliquement la place légitime des danseuses au sein du cortège, et d’autre part, répondre aux critiques des anciennes générations vis-à-vis de la perte de la tradition. En m’intéressant tout particulièrement au processus de la création de la danse et de la musique, je montrerai au moyen d’extraits filmés du terrain la façon dont les membres du groupe de danse réfléchissent à la transmission pour fabriquer de la continuité avec les anciennes générations tout en se démarquant suffisamment de celles-ci pour en créer de nouvelles à partir des pratiques carnavalesques.
séance 2 : mardi 27 janvier de 15h30 à 17h30
Alia Bachir-Loopuyt
“Quelque chose (ne) se passe (pas) : transmission et non-transmission des musiques d’Algérie en France”
Cette communication reviendra sur un itinéraire de recherche qui m’a fait croiser, en des terrains proches (en France, en Allemagne) et relativement dispersés, des questions relatives à la transmission ou la non-transmission de répertoires musicaux du Moyen-Orient (en particulier de Turquie) et du Maghreb (en particulier d’Algérie). Après être revenue sur certaines leçons tirées de travaux antérieurs, j’aborderai ici une recherche en cours autour de la transmission des traditions classiques d’Algérie. Il s’agira ici de préciser les contours méthodologiques d’une démarche opérant par aller-retour entre observation ethnographique et histoire croisée pour faire apparaître des processus se développant à différentes échelles – des trajectoires individuelles de « maîtres » et élèves aux politiques visant les musiques traditionnelles en France en passant par l’exploration d’histoires locales, l’impact de réseaux transnationaux. J’exposerai également les questionnements qui m’amènent aujourd’hui à envisager le recours à une autre forme d’écriture, celle du documentaire sonore, non comme une forme de restitution d’un savoir déjà constitué mais plutôt comme une démarche et une forme susceptible d’ouvrir de nouveaux chemins de connaissance.
Séance 1 : mardi 13 janvier de 15h30 à 17h30
Monika Stern
« Quand le droit à la transmission se négocie : le cas du Vanuatu »
La musique n’est pas un simple objet esthétique : elle est un lien, un acte social, un engagement. Au Vanuatu, chants, danses, instruments ou rythmes, ancrés dans un lieu précis, circulent comme des biens précieux — négociés, transmis de manière coutumière, parfois disputés, toujours chargés d’histoire. De la kastom aux Wota Musik, des string bands aux musiques urbaines, les Ni‑Vanuatu réinventent sans cesse leurs façons de créer, d’apprendre, de transmettre et d’échanger la musique. Politiques, médias, tourisme et copyrights internationaux ouvrent de nouveaux espaces où se rejouent légitimité, appartenances et pouvoir. Transmettre la musique, c’est aussi tisser des liens sociaux et affirmer une forme de pouvoir, l’une des forces majeures de ces pratiques.
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