09 Novembre 2015 – Colloque Etat en Action - Etat en consolidation, LAM

09 h Maison des Suds, campus Pessac

Programme du colloque

La majorité des États africains, pour la plupart des acteurs de la coopération nord-sud, sont considérés comme des « Etats fragiles », c'est-à-dire un État dont les structures étatiques, par manque de volonté politique et/ou de capacité, sont incapables de remplir certaines fonctions et missions (éducation, développement et réduction de la pauvreté, sécurité et garantie des droits…) envers sa population (Magro et Chataigner, 2003). Alors que les institutions de développement internationales s’interrogent elles-mêmes sur les « capacités de l’Etat » (State capacity) et révisent leurs modèles d’intervention, peut-on s’arrêter à ce diagnostic et à ces perceptions qui s’appuient uniquement sur la lecture des instruments et non pas l’interprétation de l’État en action et en usage ?

Ce colloque se propose de revenir à l’analyse de l’État, et plus spécifiquement de saisir « l’État en action » (tel qu’il fonctionne réellement et non pas tel qu’il devrait être ou est modélisé) pour comprendre les modalités par lesquelles l’État peut se consolider. Cette question se pose de manière totalement inédite alors que des  États qui paraissaient durablement consolidés  (Mali, Burkina…) ont connu récemment de graves remises en cause.

L’Etat en action peut se saisir au travers des usages générés tant par les administrés que par ses agents, de ses actes, et de ses produits et productions comme par exemple les politiques publiques mises en œuvre et les services assurés aux citoyens. L’interaction entre les acteurs (usagers, fonctionnaires au guichet..) produit l’Etat non pas tel qu’il se donne à voir mais tel qu’il est pratiqué et se pratique, au travers des usages et des représentations auxquels il donne lieu et à partir desquels il prend corps et réalité.

Au-delà des biens publics et services, la redécouverte de l’Etat est aussi la réappropriation par les populations de leur Etat, dans le contexte d’une libéralisation de la vie politique (jeunes démocraties mises en place suite aux transitions démocratiques, régimes hybrides fondamentalement autoritaires mais expérimentant le pluralisme politique pour se conformer aux attentes internationales…). L’Etat en action est contraint par la responsabilité politique. Les autorités politiques de ces Etats font face aux demandes et attentes de la population, et apprennent à les gérer. L’Etat doit composer avec la contrainte institutionnelle électorale, qui passe par les médiateurs de la société politique (partis, dirigeants, élus). Mais il doit également composer, de manière non institutionnelle avec les nouvelles modalités d’organisation et d’action de la société civile, de plus en plus à même de faire pression sur le processus décisionnel.

Le programme de recherche Etat en action – Etat en consolidation a été soutenu par le Conseil Régional d’Aquitaine et le Fonds de solidarité prioritaire Mali Contemporain (Ambassade de France à Bamako).

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